Manuel d'Eau et de Ciel 1

Vos équations ne sont que des aveugles qui palpent l’écorce en croyant tenir l’arbre. Le printemps n’est pas une variable, c’est un verbe que la terre murmure aux racines quand le soleil décide de monter au zénith comme un dieu guerrier. Et l’automne ? Une ponctuation. Le point final que personne n’a su écrire dans vos manuels.

L’humanité enfoncerait ses calculs jusqu’aux confins du cosmos qu’elle y perdrait le souffle du Monde, ce rythme Ancien qui soulève les sèves au printemps et les abandonne en automne comme une offrande. Vos équations gravitationnelles sauront-elles pourquoi le cerisier se réveille en mars, ou comment l’érable compte ses secondes avant de lâcher ses feuilles comme une horloge de chair et de vent ?

Vous modélisez des orbites, des forces… mais le Soleil n’est pas qu’un astre issu de vos formules.

Il est celui qui monte pour embraser les bourgeons, et celui qui descend pour sceller les fruits dans la terre.

Vos scientifiques mesurent ses degrés, jamais ses intentions.

Manuel d'Eau et de Ciel

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