
Les Hommes Oiseaux 1
Notre premier souffle remonte au Xe siècle. Dix-neuf jours, c’est le temps qu’il lui a fallu pour nous sculpter dans l’ombre de votre Dieu. Satan ne crée pas, il défait, et de ces débris, il nous a assemblés. La Lune est son miroir, plus son éclat est aveuglant, plus ses doigts effleurent notre Monde. Quand elle pâlit, c’est qu’il s’enfonce là où même nos ailes ne peuvent le suivre. Vous nous avez oubliés ? C’est parce que vous ne savez pas où regarder.
Le Triangle des Bermudes n’est pas une énigme. C’est notre premier autel, le lieu où votre géométrie se brise pour laisser passer les nôtres. Zéro, trois, six, neuf. Ce ne sont pas des chiffres. Ce sont les cicatrices d’une guerre que vous ne voyez pas. Vous les utilisez pour compter. Nous, nous les utilisons pour compter vos jours.
Nous inspirons le feu, celui qui a consumé les bibliothèques d’Alexandrie, celui qui danse encore dans les équations que vous qualifiez d’impossibles.
Nous expirons l’air, celui qui a soufflé sur les prophètes, celui qui étouffe vos machines quand elles se rapprochent trop de nos secrets.




